LES SOLDATS DU SYSTÈME IMMUNITAIRE #5

Texte tiré du cours en nutrition de l’Académie de Massage et d’Orthothérapie

Le système de défense de notre organisme, le système immunitaire,  garde le souvenir des agents infectieux ou des cellules malignes qu’il a déjà rencontrés, ce qui lui permet de réagir plus rapidement et plus efficacement lors d’une seconde invasion. Ce mécanisme permet aux cellules immunitaires d’acquérir une mémoire. 

OUI! NOS SYSTÈMES IMMUNITAIRES ONT UNE MÉMOIRE  HOURRA pastedGraphic.png

Quand mes enfants étaient petits je comparais leur système immunitaire à une armée, à de petites soldats, capables de les défendre contre les virus, bactéries et autres agents infectieux. Je leur parlais de leur système immunitaire pour qu’ils sachent à quel point ils étaient à l’abri. Et maman n’a pas mentit. Tous les deux jouissent d’une santé de fer.

L’une des composantes de ce système est innée. Constituée de cellules qui n’ont jamais été confrontées à des microorganismes pathogènes, elle n’est pas très spécifique et elle ne reconnaît pas l’ennemi avec une grande précision. Mais elle est rapide: dans les secondes qui suivent l’invasion, elle peut mobiliser ses troupes et notamment des globules blancs particuliers , les granulocytes,  qui détruisent les cellules infectées. Ensuite, comme des kamikazes, ces cellules immunitaires se suicident. 

Quant à l’immunité dite «adaptative», elle fait intervenir une autre catégorie de globules blancs, les lymphocytes (système lymphatique). Parmi eux, les lymphocytes T ont la responsabilité de surveiller et d’éliminer les cellules infectées ou malignes. A la différence des granulocytes, les lymphocytes T n’entrent en action que quand ils sont en présence du microorganisme pathogène. Ils se multiplient alors rapidement pour former de gros bataillons, tout en se déplaçant vers le théâtre des opérations. Lors de leur voyage, ils acquièrent des armes qui leur confèrent la capacité de reconnaître leur cible et de la tuer en épargnant les cellules voisines normales. Puis la plupart d’entre eux meurent une fois leur mission accomplie. 

Toutefois, certains de ces lymphocytes T échappent à cette mort programmée. Ils acquièrent alors une mémoire de l’agent pathogène qu’ils ont rencontré, ce qui leur permettra de devenir plus efficaces quand ils le croiseront à nouveau. Une fois l’infection passée, ces lymphocytes T-mémoire se dispersent dans tous les tissus de l’organisme où ils jouent le rôle de sentinelles. Ils peuvent survivre longtemps, au repos. Mais, dès que le besoin s’en fait sentir, ces cellules «changent radicalement de métabolisme: elles se mettent à produire d’énormes quantités de glucose, de lipides, etc. et, tels des soldats qui se nourrissent abondamment pour accumuler de l’énergie avant la bataille, elles sont prêtes à aller à l’attaque. Elles produisent diverses molécules biologiques (des cytokines et des chimiokines) qui amplifient la réponse immunitaire et les transforment en armes de destruction massive.

Oui, oui, nous avons tout ça à l’intérieur de nous ! C’est pas Beautiful ça? Et c’est à nous d’en prendre soin.

Le réparateur du photocopieur connait sa machine sur le bout de ses doigts pour la réparer, mais l’humain ne sait même pas quel miracle l’habite.